samedi 6 mars 2010

Fêter le jour de l'an chinois...en Chine

Comme vous avez pu le constater, l'assiduité n'est pas notre force sur le blog. Mais puisque la procrastination est également une caractéristique familiale, aucune promesse d'amélioration ne sera tenue... :-)

Nous sommes allés fêter le jour de l'an lunaire en Chine. Un court voyage de 3 jours mais bien remplis comme vous le verrez.

Départ: samedi matin, 13 février.
Un évènement rare à Ulsan pour saluer notre départ: de la neige! Nous avions peur de rester avec des souliers mouillés tous le long du voyage mais grâce à notre chauffeur de taxi qui a maintenu à 27 degré la température à l'intérieur de son taxi (indicateur numérique), nos souliers ont pu sécher rapidement!


Lors de notre vol de retour du Québec, le temps passé à attendre aux douanes, inspections et cie, s'est calculé en terme d'heures. Ici, à l'aéroport de Busan, tout s'est fait en quelques minutes! Le vol de 2h50 s'est aussi déroulé rapidement. Et, surprise, le repas était de style occidental: du bouilli de légumes! Les Coréens assis à côté n'ont pas vraiment appréciés, et ce, même avec de la pâte au piment rouge (élément faisant parti untégrante des repas d'avion en Asie). 



Quelques photos de l'aéroport de Beijing:
       



Un chauffeur nous attendais pour se rendre à notre hotel. Nous avons oubliés de prendre des photos de l'endroit. C'était bien mieux que ce qu'on avait vu sur leur site Internet. http://www.ausoteldayuhotel.com/en/vip.html 



Puisque c'est la veille du jour de l'an. On ne peut prendre de taxi au risque de ne plus en trouver pour le retour. Nous nous promenons donc dans le quartier peu animé autour de l'hotel. Nous apercevons continuellement des feux d'artifices au loin, pas seulement à un point précis mais un peu partout. Nous trouvons un restaurant qui semblait sur le point de fermer. Il est presque 21h. Ils acceptent de nous acceuillir. Le repas est délicieux et surtout, pas épicé comme en Corée. Pas le moindre kimchi aux environs! Les proprios et leurs familles s'apprêtent à fêter. Ils font éclater des pétards et des feux d'artifices. Raf se fait offrir d'essayer. Ça "pète" telllleeeeeemmmmeeent fort! On se croirait en temps de guerre avec les bruits de fond semblables à des coups de fusils et de canons.



 



  
En chemin, nous avons vu des cabines téléphoniques au style digne des années 1970. 

Nous retournons à l'hotel. Les rues sont vides à part quelques allumeurs de pétards ici et là. De notre chambre, nous apercevons les employés de l'hotel s'affairant à vider un local plein de boîtes semblant être des feux d'artifices. Il y en a tellement que ça nous semble impossible que ça soit ça. Nous nous trompions, ils préparaient le feu d'artifices qui sera présenté devant l'hotel à minuit. Chaque établissement fait ses propres feux. Nous n'avions jamais vu de feux d'artifices de si-près. C'est fou! Une demie heure sans arrêt. Et c'était comme ça partout en ville. Avec comme résultat une boucanne dense, au point de ne plus voir le gratte-ciel de l'autre côté de la rue. Au niveau de la sécurité on repassera. Se promener avec une grosse boîte de feux d'artifices la cigarette au bec? Pas de problème. Allumer une seconde fois des pétards qui n'ont pas complètement explosés? Pas de problème. Faire péter une série de pétards à 1 pied de la pile de boîtes de boîtes de réserve? Pas de problème. Déposer une boîte d'explosifs entre deux autres qui sont en train d'exploser? Pas de problème... on a un extincteur de cuisine près de la porte! ;-)
      

Jour 1: Suite à une courte nuit de sommeil, nous sommes prêts assez tôt pour explorer quelques sites touristiques de Beijing.

Premier arrêt: la cité interdite, un incontournable. En route (en fait, nous nous sommes trompés de direction en cherchant l'entrée du site), nous croisons un artiste qui souhaite nous montrer son atelier situé dans un hutong adjacent. C'est quoi un hutong? Ce sont des quartiers traditionnels, très anciens, serpentés de petites ruelles. Les maisons sont minuscules, souvent d'une seule pièce. Il y en a plusieurs dans la ville mais ils tendent à disparaitres à cause de l'urbanisation. Le professeur d'art nous explique que dans quelques mois, ce hutons sera détruit pour faire place à une école d'art. Il nous fait visiter son atelier et nous offre une peinture à l'encre de notre nom de famille à même la représentation d'un bambou, signe de prospérité. Nous l'avons encouragé et rendu heureux Raf qui rêvait d'une toile avec un tigre blanc. Est-ce une vrai toile ou une vulgaire copie? Nous le saurons jamais mais nous avons grandement apprécié cette rencontre.
                 
Il est dommage que cet hutong soit démoli puisqu'il est relativement en bon état et représente un pan historique de la ville.
C'est la fête aujourd'hui. Une inconnue nous offre des friandises sur la rue.

Nous finissons par trouver l'entrée de l'un des plus ancien sites de la Chine, le palais impérial ou la cité Interdite. D'où provient cette appellation? Simplement que cette résidence pour empereurs et leurs familles n'était pas accessible au peuple. Entourée d'une muraille de 10 mètres de hauteur et cernée d'une immence douve, même les regards ne pouvaient pénétrer. De toute façon, on dit qu'il était formellement interdit de regarder en direction du palais. La contruction a été réalisée entre 1406 et 1420 par plus d'un milion d'ouvriers (200 000 à la fois). La cité couvrait 72 hectares. Historiquement, on disait qu'elle compte 9 999 pièces, la quantité 10 000 étant réservée aux divinités! En réalité, il y en a seulement 8704  + quelques jardins, quelques parcs et quelques lacs. Tout cela pour 24 empereurs.  Le dernier résident, destitué de ses fonctions d'empereur en 1912, aura la chance (obligation) de rester au palais jusqu'en 1924. Puis il y aura un grand coup d'état. Heureusement, les trésors de la cité ont été évacués. Ce qui aura permis de conserver une grande partie de toute cette richesse. Maintenant, les travaux de rénovations sont continuels puisque le gouvernement est sensible à la préservation historique et touristique du lieu.

Les bâtiments sont superbes et majestueux. Les noms de plusieurs pièces sont "charmants" comme la salle de l'hamonie suprême, celle de l'hamonie parfaite, de l'hamonie préservée ou encore, le palais de la pureté céleste, la salle de l'union (conjugale), le palais de la tranquilité terrestre. D'autres noms sont plus simples comme les 6 palais de l'est et les 6 palais de l'ouest.
   
Un des palais de la cité.  
L'endroit où l'empereur s'habillait et changeait de vêtements.
   
Un élément décoratif unique: la plus grande gravure sur une pierre d'un seul morceau. Le transport a été fait sur des rouleux de glace.  À droite, une photo pour montrer un exemple de détails sur les bâtiments.
     
 Un pavillon de lecture dans un des jardins.          Une vue d'ensemble de derrière.                     
 Ça beau être magnifique, il fait tellement "frette" que ça rend la visite désagréable. À chacune des portes divisant les territoires/parties de la cité, un grand vent s'engouffre et nous gèle jusqu'au os.

Une expérience hors sujet: aller aux toilettes en Chine. En Corée, les gens attendent leur tour sagement en file. Parfois une adjuma va passer devant les autres mais le sujet des adjumas en est un autre :-)  En Chine (du moins à Beijing), tout le monde s'entasse directement devant les portes des cabines des toilettes (qui ne se barrent pas ou ne ferment pas) et tentent de se faufiller devant les autres en se bousculant. Assez traumatisant!

Deuxième arrêt: Place Tiannanmen. Même si elle se nomme Place de la porte de la paix Céleste, il est difficile de ne pas songer aux événements de 1989. Pour entrer sur la place, nous devons passer par une fouille et au détecteur de métal. C'est assez particulier pour un endoit où il n'y a pas eu d'événement particulier selon les autorités chinoises. Un débat sur la désinformation gouvernementale que je m'abstiendrai de commenter...
        

Les enfants ont faim. Ils désespèrent de manger avant longtemps. Il n'y pas de restaurant dans le coin. Nous nous dirigeons vers un temple que Martin vient de visiter. Un peu par hasard, nous arrivons à une rue où il y a une fête à l'occasion du nouvel an et ... oh grand bonheur...un starbuck café!

La rue est décorée de lanternes rouge et or, signe de prospérité. Nous avons pu voir une trop courte parade du dragon. Trop courte comme ce tour de tramway historique qui nous a conduit que 500 mètres plus loin. Magasiner dans quelques boutiques de marques donne de l'énergie à Miss Flo. Je trouve quelques livres sur l'art chinois dans une librairie mais nous devons rapidement quitter parce que Martin veut aller voir un temple.    

     

Nous marcons dans le quartier sans trouver le temple. Nous sommes intrigués par un long et haut mur en briques grises décoré de panneau de peintures artistiques. Nous pensons aux jeux olympiques et les rumeurs d'embellissement de la ville pour cet occasion. Effectivement, de l'autre côté se cache un hutong. Les photos parlent d'elle-mêmes. 
    
Le côté apparent...
 
et de l'autre côté.  
     

Des gens vivent dans ces endroits désafectés. Et comme on voit sur la photo précédente, rien de nous empêche de décorer pour la fête. Sans toilettes à l'intérieur, ils doivent aller aux toilettes publique. Vraiment publiques puisque les 3 toilettes (genre turques) sont séparées par des murs permettants de se voir, et peut-être même jaser avec leur voisin lorsqu'ils sont accroupis. Bien entendu, il n'y a pas de portes, de papier de toilette et ni même d'eau. Et on ne parle pas de l'odeur...    
     
(sans commentaire)

Nous avons pris un taxi vers notre prochain arrêt: un restaurant de canard laqué. Une spécialité de Pékin. C'était bon quoique assez gras. C'est bien petit un canard pour 4 personnes. Ils tranchent le canard en petites tranches que l'on place sur une petite crèpe de riz avec un morceau d'échalotte ou de concombre, un peu de sauce, on replit et on mange en une bouchée.  
        



Pour terminer notre journée nous allons au Walmart. Nous avons eu tellement froid toute la journée qu'on va acheter des vêtements plus chauds, des gants pour mettre sous nos mitaines, des foulards plus chauds, des chandails de laine, des collants, etc.  Le magasin était beaucoup plus petit que nous pensions. Nous avons trouvé quelques aliments à rapporter en Corée: de la base de poulet et du gruau prête en 5 minutes.  
    


Jour 2:  La grande muraille de Chine.

Pour cette visite, nous avons décidé de prendre un tour organisé privé. J'avais lu plusieurs histoires déplorables sur Internet à propos des tours organisé: visite de la muraille écourtée afin d'amener les touristes dans des magasins "obligatoires" avant le repas. Non merci.

Dès 8h30, nous sommes sur la route avec Iko et son chauffeur. Ils sont très sympatiques tous les deux. Les routes sont inhabituellement désertes à cause des congés du jour de l'an (souvent les seules journées de vacances du travailleur chinois). Habituellement, il y a de gros embouteillages. Pour contrer ce problème, les propriétaires ne peuvent conduire leur auto certains jours définis d'après le premier chiffre sur leur plaque d'immatriculation. Un bel effort sauf que, d'après notre guide, pour contrer ce règlement les familles achètent une deuxième voiture...

Nous nous rendons à la partie Mutianyu de la muraille. Moins fréquentée. C'est vrai, aucune attente pour le téléphérique (pour se rendre au mur) et quelques parties de la muraille où nous serons seuls. Hors saison + nouvel an = une bonne combinaison pour nous.

La construction a commencée au IXème et VIIIème siècle av. J.C. Au début, se sont des bouts de murs érigés pour contrer l'ennemis qui ont étés rassemblés pour finalement s'étendre de la frontière de la côte au nord de Béijing jusqu'au désert de Gobi. La construction s'est étalée sur 2000 ans et a connu plusieurs dynasties. On dit qu'environ 10 milions d'ouvriers sont morts sur le chantier et enterrés le long de la muraille. Elle traverse des montagnes, le désert, des prairies, des falaises, des villages et quelques villes. Elle constitue la plus longue construction humaine au monde. 6700 km. Et non, elle n'est pas visible de la lune ;-)   Le mur était un système de défense complet avec ses tours de quets, tours de feu (signalement) et ses meurtrières pour tirer sur l'ennemis.
Se retrouver sur la muraille de Chine, seuls, est assez particulier. Calme. Impressionnant. On s'est tous trouvés très choyés de se trouver là. On a eu une pensée pour les membres de nos familles, avec photos comme preuve pour certains. Et pour mon père aussi. Pour qui, probablement, aller sur la muraille de Chine ne relevait même pas du rêve parce que trop improbable, un peu comme penser aller dans l'espace. Il aurait vraiment apprécié.

Nous avons marché quelques heures sur la muraille. On en a profité sachat qu'on n'y reviendrait probablement pas quoique Raf espère y retourner avec ses enfants un jour ;-) 
                

      
Une preuve qu'on a pensé à Guillaume-O. N'ayez crainte, ce n'est pas un graffiti permanent.

À la sortie du téléphérique, nous ne pouvons nous sauver du traditionnel rabattage des vendeurs de souvenirs. Raf est maintenant propriétaire d'un chandail arborant: "J'ai grimpé la grande muraille de Chine"(en anglais et mandarin).

Notre guide nous conduit à un restaurant traditionnel chinois, le repas est compris avec le forfait. Nous choisissons nous même les plats. C'est excellent. Est-ce que le fait de vivre en Corée nous fait apprécier encore plus les repas hors du pays? Probablement!

Ce soir nous avons une sortie. Nous allons voir un spectacle d'acrobates, une autre spécialité chinoise. Notre guide nous y conduira. Elle nous a eu des billets à très bon prix. Mais nous avons 2h à attendre à l'hotel. À la place, nous demandons à ce qu'ils nous conduisent à un marché traditionnel. Malheureusement, ils sont fermés. Ils pensent alors à nous conduire à une rue piétonne commerciale. Flo est ravie des boutiques, Raf de la librairie anglophone et nous du petit marché.   
   
Une gâterie traditionnelle pékinoise: brochette de fruits enrobés de sucre d'orge. On se devait d'y goûter. D'autres préfèrent d'autres sortes de brochette! Ce garçon semblait bien heureux de déguster une de pieuvre vivante. Il aurait pu choisir une brochette de centripèdes, de scorpions ou d'hyppocampes...    
                  

Un mot pour décrire le spectacle: impressionnant. Acrobates à couper le souffle. Nous avons vu un numéro de culbutes, de sauts dans des cerceaux, d'équilibre et de sauts sur des poteaux, d'équilibristes avec des ombrelles, d'autres en tenant des pots, de contortionnistes, de diabolo et d'équilibristes en vélo. Malheureusement, il était interdit de prendre des photos.

Il se fait tard. Les resto semblent tous fermés. Nous devons nous contenter d'un Mc Do! Au moins, les recettes ne sont pas épicées comme en Corée. Pour le prix de 2 trios au Québec, nous en avons 4 ici.

Toute la journée nous avons vu et ou entendu des feux d'artifices et des pétards. La fréquence augmente en soirés mais n'atteint pas la démesure de la veille.

Jour 3. Retour à la maison

Pour cette dernière journée, nous allons nous séparer avant de prendre l'avion. Martin et Simon-Raphaël iront visiter le temple des Lamas tandis que Florence et moi irons expérimenter le célèbre Silk Market (ou le marché des fausses marques) installé dans un nouvel édifice  de 5 étage construit par le gouvernement.

Plusieurs expatriés en Corée ont parlés de cet endroit. Certains partent même avec des valises supplémentaires ou des sacs de hockey vides pour rapporter leurs achats. Le bâtiment regroupe des kiosques de vendeurs de vêtements de marques trafiqués. Il est difficille d'y voir la moindre différence avec les vrais, les étiquettes sont-là tout comme les emballages. Quelle expérience! Dès notre entrée j'ai eu le malheur de ralentir devant des manteaux "Columbia" (une marque que j'aime beaucoup). La vendeuse m'a suivi longtemps allant jusqu'à me tirer par le bras. Une chance qu'ils ne sont pas tous insistant à ce point parce que notre visite aurait été pas mal écourtée. Leur technique de vente: te demander quel article t'intéresse, quelle grandeur, quelle couleur, combien tu en veux avant de vouloir te dire le prix puis commence le marchandage via une calculatrice. Ils te font un prix. Tu refuses. Ils font un autre prix que tu refuse encore. Ils te tendent la calculatrice pour que tu leur écrive un prix. Ensuite ils agissent comme si ton offre est inconcevable et qu'il se font avoir (Ça Flo s'y fait prendre à tout coup). Puis ils font comme s'ils te faisaient un prix juste pour toi ou pour le jour de l'an. Après s'êtrer arrangé pour te faire avancer dans leur minuscule kiosque, en te demandant par exemple de montrer exactement lequel tu veux, ils se placent de façon à ce que tu ne puisse pas reculer ni sortir. Ils te suivent si tu n'achètes pas, disant qu'ils porraient finalement baisser un peu leur prix. Et les paroles qu'ils peuvent alors dire en mandarin ne sont surement pas décemment traductibles. Certains vont jusqu'à mettre l'objet dans ton sac. Un autre vendeur a pris Flo en otage tandis que j'allais au guichet automatique au bout de la rangée. J'ai dû me fâcher pour qu'elle revienne avec moi. Il a laisse son kiosque pour l'accompagner, grr!  Je déteste marchander. J'ai toujours l'impression de me faire avoir.  Nous avons tout de même fait quelques achats intéressants: quelques polos, du tissus pour une robe que Flo désire de confectionner, un jeu d'échec traditionnel...

Pendant ce temps, les gars ont visité le temple des Lamas. Un temple bouddhiste tibétain. Il y avait plusieurs bâtiments avec des Bouddha dont un abritant une grande statue de 12 mètres.     
      
Il y avait des moines mais pas le moindre lamas malgré le nom du temple ;-)

C'est déjà le temps de retourner en Corée. Le vol du retour s'est bien déroulé. Comme toujours, le passage aux douanes se fait dans un temps record, simplement et rapidement. Pour la première fois, nous avons vu une valise qui a été scellée avec un gros canenas des douanes. Le propriétaire a été escorté au poste de contrôle...

Les enfants sont en congé pour le reste de la semaine à l'occasion du nouvel an lunaire. Nous aurons la visite d'Élodie pour une semaine. Elle réside à Beijing pour quelques mois pour des contrats de mannequin.   

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